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Etudes et chantiers

Pont des Richards - RN85 (Dpt 05) : mise en place d’un pont provisoire en vue de sa reconstruction

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publié le 19 juillet 2022 (modifié le 22 septembre 2022)

Contexte de l’opération

La RN85, un axe majeur pour la vie du territoire


La RN85 relie Grenoble à Gap et permet la liaison entre les Alpes du Nord et les Alpes du Sud. Elle relie les autoroutes A480 (sud de Grenoble) et A51 (sud de Gap).

Étendue sur 109 km, elle traverse les départements de l’Isère et des Hautes-Alpes.


Elle assure également une fonction locale en connectant la vallée du Valgaudemar, au cœur du massif des Écrins, avec son chef-lieu de canton et siège de la Communauté de Communes, Saint Bonnet-en Champsaur et le reste du département.

Elle est empruntée par plus de 6000 véhicules par jour en moyenne et bien plus lors des pics saisonniers.

Un pont centenaire

La RN85 franchit la rivière la Séveraisse, un affluent du Drac, par le Pont des Richards, entre les communes de Saint-Firmin et d’Aubessagne.

Ce pont a été construit en 1925. Il s’agit d’un pont à deux arches, en béton armé, et d’une seule travée pour ne pas limiter le débit de la rivière en période de crue.
Comme tous les ponts du réseau national, ce pont fait l’objet d’une surveillance continue et de visites périodiques.
Dans cette perspective, les dégradations qu’il subit du fait des intempéries et de la circulation des poids lourds ont été rapidement décelées et les services gestionnaires ont immédiatement réagi.

Entre 1974 et 2009, plusieurs opérations de réparations de la surface du béton ont été entreprises pour éviter la corrosion des aciers. D’importants travaux de confortement structurels ont eu lieu en 2009, suivis d’interventions régulières ponctuelles jusqu’en 2014. Ces différentes opérations n’ont pas suffi à arrêter la fragilisation du pont.
En 2016, une mission de contrôle du CEREMA (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) a recommandé la réduction du niveau de service du pont et le remplacement total de l’ouvrage à court terme.
La visite d’experts de 2016 conclut à la nécessité de remplacer le pont.

La Direction Interdépartementale des Routes de la Méditerranée (DIRMED) a rapidement mené des études et examiné plusieurs scénarios possibles pour reconstruire l’ouvrage.

Depuis le mois de juillet 2019, des mesures d’exploitation ont été prises pour assurer la sécurité des usagers et pérenniser l’ouvrage le temps de la construction d’un nouveau pont.
La largeur des voies a été réduite et un alternat a été mis en place, complété par une distance minimale imposée entre les véhicules pour empêcher la présence simultanée de deux poids-lourds sur le pont.

L’organisation prévisionnelle

La pose du pont provisoire s’inscrit dans une opération plus large de reconstruction du pont des Richards qui se décompose comme suit :

1. Mise en œuvre d’un pont provisoire ;
2. Poursuite des études techniques et environnementales de reconstruction de l’ouvrage ;
3. Déconstruction avec précautions du tablier du pont existant et conservation des culées ;
4. Construction d’un tablier neuf et reprise de la chaussée ;
5. Démontage du pont provisoire et remise en état du site.

Cette méthode permet de minimiser les impacts environnementaux, d’obtenir les délais les plus réduits pour disposer d’un ouvrage offrant le meilleur service et les meilleures conditions de sécurité à tous les usagers (piétons, poids-lourds de tout tonnage) tout en maîtrisant les coûts.

Si le lancement du pont en lui-même est rapide, cela demande d’abord une préparation du terrain :
1. Libération du terrain d’assiette du pont provisoire ce qui impose de démolir deux bâtiments en ruine (ancienne scierie et ancien moulin) et couper quelques arbres.
2. Réalisation des terrassements (remblais, piste de chantier) pour réaliser les culées du pont provisoire et organisation d’une plate-forme suffisamment vaste pour assurer le montage puis le lancement du pont.
3. Réalisation des travaux classiques de la nouvelle chaussée et l’aménagement d’un carrefour provisoire avec la RD 985a.

Le démarrage des travaux est prévu en septembre 2021 pour assurer les libérations d’emprise en dehors de la période de reproduction des oiseaux. Une trêve hivernale interrompra les travaux qui s’achèveront avec la mise en service du pont provisoire en juillet 2022.

À l’issue de la construction du nouveau pont, le pont provisoire sera démonté et le site remis en état.

Une opération prévue dans le meilleur respect de l’environnement

Tout au long du processus de conception du projet, les choix effectués tant sur le plan technique qu’organisationnel, ont été guidés par la volonté du maître d’ouvrage de mettre au point une « reconstruction de moindre impact environnemental ».

Cela s’est traduit par des décisions et des choix techniques permettant en amont un évitement ou une réduction conséquente des effets sur l’environnement :
• La culée sud qui s’inscrit partiellement sur des boisements a été conçue de manière à limiter l’emprise sur ces boisements et éviter d’impacter un ruisseau ;

• Le pont de secours retenu dans le cadre du projet présentera une portée de 58,5 m. Il s’agit du pont de secours le plus long jamais mis en œuvre. Ce choix d’un ouvrage avec cette portée résulte de la volonté du maître d’ouvrage de minimiser les incidences environnementales sur la Séveraisse et notamment en matière d’inondation ;

• Pour maintenir la qualité des eaux une Notice de Respect de l’Environnement a été rendue contractuelle pour les entreprises qui réaliseront les travaux. Celle-ci prévoit notamment des dispositions pour éviter le rejet d’eaux contenant des matières en suspension, le lavage et l’entretien des véhicules, le stockage des produits polluants, …

• Afin de réduire le risque de destruction d’individus et le dérangement sur les populations d’oiseaux nicheurs ou les chiroptères, le planning d’intervention des entreprises travaux recherche les périodes de moindre impact. Une « fenêtre » d’intervention de deux mois, entre fin-août et fin octobre, a été retenue pour effectuer les travaux les plus lourds ;

• Après reconstruction du pont définitif, les terrains occupés par le pont provisoire et ses aménagements connexes seront remis en état. Les terrains au sud (rive gauche Séveraisse) loués à des propriétaires privés pour la durée d’exploitation du pont provisoire, seront rendus aux propriétaires. Au nord, la culée du pont provisoire et la zone de dépôts de matériaux attenantes feront l’objet d’une renaturation.

Les travaux en temps réel